Radioactivité à Court-Saint-Etienne : Fukushima ou radon ?

Echos du Conseil communal du 28 mars 2011

Publié le dimanche 3 avril 2011

Michel Tricot a interpellé le Collège lors du Conseil communal du 28 mars 2011 à propos des résultats de la campagne de détection du radon dont les résultats ont été présentés à la population le 22 mars à la salle Defalque.

Le radon est un gaz inodore, incolore et insipide naturel qui émane des sous-sols schisteux. Il est radio-actif et le fait de le respirer augmente les probabilités de développer un cancer des poumons. Plus la concentration est élevée, plus le risque augmente.

157 ménages stéphanois ont participé à cette campagne en laissant un détecteur à radon pendant 3 mois dans leur habitation. Les résultats confirment ce que les spécialistes pensaient : le nombre d’habitations de Court-Saint-Etienne qui présentent une concentration de radon qui nécessiteraient une action est relativement important. Il faut agir.

Les résultats :

Moins de 100 Becquerels (Bq)/m³ 66 % des habitations. Une action n’est pas justifiée
Entre 100 et 200 Bq/m³ 18% des habitations
Entre 200 et 400 Bq/m³ 8% des habitations. Ces habitations ont un taux de radon qui dépasse le maximum conseillé par l’Organisation mondiale de la Santé
Entre 400 et 800 Bq/m³ 7% des habitations. Ces habitations dépassent le seuil au-delà duquel une action est jugée nécessaire pour diminuer la concentration de radon.
Plus de 800 Bq/m³ 1%. Une action vigoureuse s’impose

La carte ci-dessous montre positionne les endroits où les détections ont été effectuées ; la couleur de la pastille correspond à la concentration détectée. Hormis un résultat à Limauge, tous les autres confirment que la présence problématique de radon se cantonne dans les zones schisteuses de la commune. Carte Radon - Court St Etienne Lors du Conseil communal du 28 mars, Michel Tricot a fait écho aux propos du professeur Tondeur, de l’Institut Supérieur Industriel de Bruxelles, spécialiste du radon : « Le risque du radon et des retombées nucléaires de Fukushima sont de même nature, mais les voies et les causes sont différentes. Pour moi, à la grosse louche et dans le monde, le radon, c’est 100 fois plus grave qu’un accident nucléaire. Les gens qui s’inquiètent du nuage radioactif de Fukushima sont à côté de la plaque ; c’est dans leur maison que le véritable problème se pose… ». En Belgique, on estime à 10% le nombre de cancer des poumons provoqués par le radon.

Au cours de la soirée de présentation des résultats de la campagne de détection, les spécialistes de l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire ont présenté les moyens d’actions à mettre en œuvre pour réduire les concentrations de radon trop élevées (cf le site de l’Agence : http://www.fanc.fgov.be/fr/page/bie...).

Ils ont aussi insisté sur le fait que malgré la fin de la campagne de détection, il est encore possible d’acheter un détecteur et de connaître la situation de son habitation. La seule différence, c’est que dans le cadre de la campagne, la Commune de Court-St-Etienne prenait à sa charge la moitié des 30 € que représentent le prix du détecteur et l’analyse des résultats. Les renseignements nécessaires peuvent être obtenus auprès de l’éco-conseillère de la Commune.

Ils ont surtout insisté sur le fait qu’il est infiniment plus simple de prendre les mesures lors de la construction d’une maison : il suffit de placer une membrane imperméable au radon sous la dalle de sol. Une telle membrane ne coûte que quelques euros par m²…

Michel Tricot a suggéré que les candidats bâtisseurs sur Court-Saint-Etienne aient systématiquement l’attention attirée sur la problématique et sur la possibilité d’éviter tout problème grâce à une telle membrane. Prévenir plutôt que guérir…